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Les employés d'un magasin de l'enseigne en Isère ont découvert un cahier avec des appréciations.

"Santé fragile", "n'est pas valeur d'exemple", "dynamique de merde", "cas social". C'est dans un banal cahier, posé en haut d'une armoire et découvert par hasard, que des employés d'un magasin Decathlon en Isère ont trouvé ces remarques les concernant. Des propos "insultants et humiliants", dénoncent les syndicats.

Des appréciations lapidaires

Sur sept pages, chacun des onze salariés d'une équipe logistique d'un entrepôt de Saint-Quentin-Fallavier est critiqué. Ancienneté, niveau d'études mais aussi appréciations lapidaires. Une employée est ainsi décrite comme "consciente qu'elle n'a rien à faire ici", une autre "fait des histoires"...

Ce cahier découvert à l'occasion d'un déménagement début juillet sur l'armoire d'un open space, était en fait un "cahier de passation" entre deux responsables d'équipe qui se sont succédé. Pour Fabien Gauthier, délégué central de la CFE-CGC, ces annotations leur permettent surtout de faire pression sur les salariés. "On se demande si c'est pas un travail de sape, qui serait repris par les successeurs. On appuie là où ça fait mal pour pousser à la démission", dénonce-t-il sur Europe 1.

Les cadres mutés

Embarrassée, la direction du magasin parle de "mots-clé maladroits et hors contexte". Elle a muté les deux cadres dans d'autres sites, sans engager de poursuites. Ces deux femmes devraient suivre une formation interne "valeurs et volonté, qui met l'homme au coeur de l'entreprise".

 

Article sur CFDT Decathlon :

 

Nous avions déjà remonté à la Direction que des fichiers de passation sur des données personnelles de salariés circulaient et que ceux-ci étaient loin d’être professionnels.

Nous avons déjà mis en cause les EID (Entretien Individuel de Décision) au cours desquels il est souvent abordé la remise en cause du travail des salariés qui doivent sans cesse se remettre en question et trouver des « solutions » pour faire encore plus avec moins (baisse des effectifs)…de nombreux salariés culpabilisent à l’issue de ces entretiens…

Le 23 septembre 2011, la CFDT, CGT et CFE-CGC ont dénoncé à la presse ces méthodes  de management preuves à l’appui : des fichiers humiliants et insultants qui n’ont pas lieu d’exister et sont pour nous inacceptables !

Nous demandons des sanctions exemplaires car il n’est pas concevable que certains salariés se voient licenciés pour une histoire de prix à des clients, une non intégration à l’équipe, une histoire de retards, ou autres motifs non sérieux pour nous alors que d’autres  vont juste se voir reformés au management !!!

Dernièrement nous avons encore remonté à la Direction Générale (qui n’a même pas daigné nous répondre..) le cas d’une salariée à temps partiel qui a fait 41H00 sur une semaine(impossible selon l’accord temps partiel de l’entreprise) :  pour éviter de faire un CDI 35H00 à cette employée, le Directeur a simplement fait un document antidaté.

Encore une méthode encore inadmissible pour une Entreprise qui se dit avoir des Valeurs !

Autre exemple : le cas de ce salarié qui a informé la Direction d’avoir gagné devant le tribunal des prud’hommes son procès pour harcèlement moral et demandant à la Direction Générale lors d’une réunion CCE ce qu’elle comptait faire contre l’harceleur.

La réponse fut simple : « c’était une maladresse et du passé… »

Il n’est pas concevable encore une fois que la Direction cautionne ce genre d’attitude !

A quand un vrai Dialogue Social chez Décathlon ????

Pour nous contacter : cfdtdecathlon@hotmail.fr

Vous pourrez lire ci-dessous un article paru dans liaisons sociales/AFP le 23 septembre 2011.

 

Trois syndicats de Décathlon mettent à jour une pratique de fichage de salariés

23/09/2011 - Dialogue et relations sociales - Salaires et conditions de travail

Par Laurent Poillot – Liaisons Sociales

 

LYON, 23 septembre 2011 - La direction de Décathlon va répondre le 30 septembre, en CCE, à une demande de plusieurs syndicats au sujet d'un fichier nominatif, comportant des propos humiliants, de salariés d'une équipe logistique de l'entrepôt de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). La CGT, la CFDT et la CFE-CGC ont annoncé leur intention de porter plainte.

 

Le document en cause, rédigé à la main et dans un style télégraphique scolaire, parle de onze salariés, dont trois ont quitté l'entreprise. Sur sept pages, il indique pour chacun son ancienneté et son niveau d'études, mais aussi des appréciations lapidaires sur leurs attitudes. Les termes employés sont souvent dévalorisants : "n'est pas valeur d'exemple", "dynamique de m…", "consciente qu'elle n'a rien à faire ici" ou "fait des histoires", peut-on lire sur ce document auquel l'le Fil AFP-Liaisons sociales a eu accès.

 

Les commentaires sont étayés par des considérations extra-professionnelles. L'un, "vieux garçon", "vit seul". Une autre, en "chimio depuis deux ans", "a dû avorter (du) deuxième (enfant) pour maladie". Une troisième fait l'objet de renseignements touchant à sa vie maritale et à celle de ses enfants, la personne ainsi profilée étant aussi prétendue proche d'un "cas social". L'auteur lui reconnaît du courage, tout en mentionnant qu'elle attend sa retraite : "Se casse pas la tête -plus que trois ans !"."Cahier de passation"« Elle a en fait été licenciée pour inaptitude au printemps 2011, à 59 ans », commente le délégué central CGT, Frédéric Le Meur. Ce syndicaliste a alerté le 2 septembre le PDG de Décathlon, Yves Claude, faute de réaction probante de la Directrice d'établissement, après deux réunions mensuelles de CE, et du directeur central de la logistique. Les trois syndicats sont venus à la conclusion que les notes découvertes, au début du mois de juillet, sur l'armoire d'un open space, où sont instruits les flux de l'entrepôt, était un "cahier de passation", c'est-à-dire de recommandations, dictées pour mémoire par une responsable d'équipe, mutée, à celle qui venait lui succéder au printemps 2009. Elle aussi a été remplacée, en juin 2010. Elle s'expose dans un spot promotionnel de recrutement au métier de responsable logistique qu'elle occupe dans le groupe.

 

Mise à pied

 

« Elles ont quitté le site pour être promues ailleurs », résume un salarié de l'entrepôt isérois. « Les personnes visées ont été choquées ; l'une d'elles, ayant la reconnaissance de travailleur handicapé, en est très affectée », affirme Hervé Lefevre, représentant syndical CFDT au CCE. « Leur manager les a convoquées pour essayer de savoir qui avait pu copier ces pages », complète Frédéric Le Meur (CGT).

 

Le 12 septembre, le DRH de groupe, Jean-Pierre Haemmerlein, s'est déplacé sur le site pour rencontrer l'équipe. « Je me suis rendu compte que les personnes étaient déçues et qu'elles cherchaient à comprendre », déclare Jean-Pierre Haemmerlein. Jugeant « inexcusable » la teneur du document, il a prononcé à l'encontre des deux managers une mise à pied de quelques jours, sans engager, au-delà, d'entretien préalable à un licenciement.

 

« Il s'agissait de mots-clés retenus maladroitement, lors d'une passation », dit le DRH. « Ils ont été sortis de tout contexte d'évaluation et sans intention de nuire. Selon moi, les deux jeunes managers étaient sincères. Elles ont pris la mesure de leur bêtise et ont demandé à venir s'excuser auprès des salariés ».

 

Formation maison

 

Il a prévu de les inscrire à une formation maison, "valeurs et volonté, qui met l'homme au coeur de l'entreprise". Elles rencontreront également le PDG. De son côté, Yves Claude a livré à la CGT des propos moins amènes : « Les écrits de ces deux responsables sont très graves et très humiliants pour les personnes concernées. Ils sont insupportables », lui a fait savoir lePDG. « Je n'étais pas au courant, ce qui est anormal », a-t-il précisé.

 

Pour Fabien Gautier, délégué central CFE-CGC, le "cahier" de Saint-Quentin-Fallavier est au contraire révélateur d'une stratégie de management. « Pourquoi compiler de telles données, sinon pour pouvoir pousser au départ les salariés les plus fragiles ou les moins malléables ? », s'interroge-t-il.

 

Hervé Lefevre (CFDT) fait ce parallèle : « A Saint-Quentin Fallavier, 30 personnes ont démissionné en 2010, sur un effectif de près de 150 personnes. Plus de 3 000 personnes l'ont fait à l'échelle nationale, sur près de 15 000 salariés ».

 

Selon ces observateurs, Décathlon a porté cette année ses provisions sur risque de contentieux social à un million d'euros.

 

« Pourtant, remarque Fabien Gautier, l'inflation des jugements n'empêche pas les promotions dans le groupe. Les trois

derniers directeurs de magasin condamnés en appel pour harcèlement ont tous été confortés dans leurs métiers ».

 

© AFP–Liaisons–Sociales

Fil AFP Liaisons Sociales http://www.fil-afp-liaisons-sociales.fr/abonnes

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Published by Europe 1 et SFR info. - - Toutes les actualités syndicales

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